Dimanche 9 novembre 2008
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JEFF KOONS A VERSAILLES
L’exposition
tant attendue de Jeff Koons à Versailles nous est enfin arrivée et sera présente encore jusqu’au 14 décembre 2008.
Exposition tant attendue du fait qu’un artiste se permette d’investir Versailles, lieu antique dans toute sa grandeur, et de par le
fait que cet artiste, Jeff Koons, introduise des œuvres plutôt imposantes et en contraste avec ce lieu traditionnel, de style baroque, qu’est le Château de Versailles.
Jeff Koons a
eu le courage et surtout l’audace de s’attaquer à ce monument historique visité par des millions de personnes. On connaît déjà le Jeff Koons « aux yeux plus grand que le ventre », comme
on pourrait dire si l’on se réfère à l’ampleur de ses œuvres telle Balloon Flower (Yellow) ou encore Balloon Dog (Magenta) ; des œuvres de tailles surdimensionnées pour la plupart d’entres elles. Mais là, on peut dire qu’il n’a pas eu froid au yeux en
visant le Château de Versailles pour exposer 17 de ses œuvres ! Et étant l’artiste le plus cher du monde, cela n’est pas un problème (d’argent ?) pour
lui…
Le mélange art
contemporain/art baroque est très intéressant. Est-ce une forme de provocation ? Ou une façon de revisiter ses œuvres dans un autre contexte ? Sans doute pas sachant que cet artiste a
conçu toutes ses œuvres dans un but précis et de façon très réfléchie et intelligente. En effet, Jeff Koons est un artiste qui s’imprègne du quotidien pour faire son art. De cette manière, en
amplifiant ce qui se passe dans la société américaine, on peut se demander s’il n’essaye pas de provoquer ou de faire passer un message ?
Prenons l’exemple de Rabbit (1986) : cette œuvre d’acier inoxydable renvoie à la
fois à une tradition américaine de Pâques (qui est de mettre des lapins dans son jardin), et à la fois, ce lapin avec sa carotte nous rappel le fameux lapin Buggs Bunny, ou encore il peut faire
penser au symbole de la marque Playboy (représentée par un « lapin sexy » !).
Rabbit est esthétiquement très agréable à regarder certes, mais
n’est-ce pas ironique dans le sens où au moment de sa réalisation (80’s), l’artiste se moque (et d énonce ?) de la société de consommation plutôt importante et donc des gens qui en sont
victimes, victimes du luxe (qui monte vite à la tête des personnes, surtout à cette « époque »), de l’argent, de ce qui brille… comme Rabbit !
Et Jeff Koons remet également en question la « hiérarchie » des goûts et des formes en art avec cette œuvre.
Dans cette
exposition, nous prenons plaisir et amusement à redécouvrir certaines de ses œuvres. En effet, la visite n’a qu’un sens : celui de la visite des
Appartements du Roi.
Les œuvres de Koons sont dispersées dans ces chambres. Ces dernières ont toutes un nom et c’est souvent drôle de comparer le nom de la
chambre avec l’ouvre (ou les œuvres) que l’artiste a choisi d’exposer en ce lieu. Prenons l’exemple du Salon d’Apollon : dans cette pièce Koons a choisi d’exposer Self-portrait, une sculpture en marbre le représentant. Est-ce une façon pour l’artiste de se rapprocher d’Apollon, qui sait ?
On peut se poser la même question avec Balloon Dog (Magenta) : rapproche-t-il
son « chien-ballon » d’Hercule ? (Étant exposé dans le Salon d’hercule). On-t-il la même force ?
Michael Jackson en porcelaine avec son singe (placés dans le Salon de Vénus) est-il aussi beau que la Vénus de Botticelli ? Et
dégagent-ils la même pureté ???
La Panthère rose (dans la chambre de la Paix) est-elle une « personne » représentant la Paix de par sa
« calm’attitude » et sa volonté pour la justice… ?
Enfin bref, tout ceci pour montrer que cette exposition est très intéressante pour le choix de l’artiste et la répartition de ses
œuvres en fonction des Appartements du Château Royal. Koons s’attaque quand même à « l’Histoire » et rivalise parfaitement ave l’art classique.
L’exposition
passe cependant vite. On a comme l’impression de rester sur sa fin ! Est-ce le fait que le Château de Versailles soit un lieu énorme de par son passé et sa grandeur ?
Même si Jeff Koons a exposé 2 œuvres à l’extérieur (dans la cour et le jardin du Château), l’exposition paraît courte tellement le
lieu est grand !
De même que les œuvres sont protégées par une sorte de cube/cage en verre. On en perd ainsi toute l’expression de l’œuvre, ce qu’elle
dégage (mais peut-être est-ce le choix de leur collectionneur… ?).
Rabbit est comme en cage ! Et les vitres de sa cage reflètent le
jour. On n’y voit presque plus rien dans tout ça !!! Ou on peut aussi parler de Hanging Heart, qui est un cœur géant réalisé en acier chromé
inoxydable. Cette œuvre est suspendue à une sorte d’arche surplombant les escaliers (« Alcove Escalier de la Reine »). Dans cet endroit plutôt petit et renfermé, l’œuvre perd toute sont
ampleur. On y voit seulement un aspect esthétique et décoratif.
Jeff Koons à
cette fois-ci vu très grand, voire trop grand en ce qui concerne le lieu de l’exposition. Certes l’exposition est très sympathique visuellement et est très amusante si l’on regarde plus loin
que le bout de son nez, mais elle reste cependant décevante de par l’imposante splendeur que représente le Château de Versailles ! Les œuvres de Koons sont loin de rivaliser avec la beauté
que représente le Château.
Egalement, Jeff Koons ne nous a réservé aucune surprise, aucune nouveauté en ce qui concerne ses œuvres. Elles ont toutes été déjà
vues et revues par tout le monde !
Mais l’art contemporain n’est-il pas une forme de provocation ? Et Jeff Koons n’en est-il pas un exemple
flagrant ?
Par Céline G.